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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 07:43



Suite au « coup de gueule » de Brigitte Bardot concernant les tests de toxine botulique effectués par l’industrie cosmétique sur des souris de laboratoire, le Dr André Ménache, directeur du collectif Antidote, rend la société Ipsen particulièrement responsable de la souffrance infligée aux animaux.

Les injections de Botox, nom commercial de la toxine botulique, sur des souris sont-ils vraiment nécessaires pour obtenir un produit garantissant tous les standards de sécurité aux femmes qui y ont recours ? « Vous devez tout de même être au courant du fait que des scientifiques britanniques de l’Institut National des Standards et des Contrôles Biologiques (NIBSC) ont mis au point une procédure qui n’utilise pas d’animaux pour vérifier l’efficacité des lots de doses de ce produit », écrit le Dr André Ménache, directeur du collectif Antidote au laboratoire Ipsen.


Ipsen est un prolongement des Laboratoires Beaufour, laboratoire pharmaceutique français créé à Dreux en 1929 par le docteur Henri Beaufour. La stratégie de développement du groupe repose sur une complémentarité entre les produits des domaines thérapeutiques ciblés, moteurs de sa croissance, et les produits de médecine générale qui contribuent notamment au financement de sa recherche. Ipsen s’engage à chercher à « réduire l’utilisation des animaux pour tester les toxines dès que possible », un engagement qui paraît de pure forme.


Dans la lettre qu’il adresse au laboratoire, le Dr André Ménache précise que « D’ailleurs, vous ne serez pas la première société pharmaceutique à utiliser une telle solution ». Il prend comme exemple les entreprises Novartis en Suisse et Baxter aux États-Unis, qui « ont largement remplacé les lapins pour les tests de pyrogénicité (fièvre) en s’appuyant sur une méthode sans animaux (le test d’activation des monocytes — MAT) ». De plus, il met en doute la volonté affichée de la société Ipsen de s’affranchir de la souffrance animale, et note que « si cette méthode n’a été validée par l’Union européenne qu’en 2006, ces deux sociétés l’utilisent déjà depuis 2004 ».


« Il est donc pour le moins étrange que votre Déclaration susmentionnée concernant les tests de la toxine botulique s’appuie sur un article qui date de presque quatre ans vu les progrès scientifiques réalisés depuis et les possibilités de validation actuelles », conclut le scientifique. La fondation Brigitte Bardot et Antidote rappellent que 5.000 souris de laboratoire ont été sacrifiées sur l’autel de l’éternelle jeunesse que le Botox est censé apporter aux personnes qui l’utilisent, mais surtout pour permettre à l’industrie cosmétique d’éviter trop de frais en recherches. « Une faille juridique fait que ce produit n’est pas concerné par l’interdiction de tester des produits cosmétiques sur des animaux dans la mesure où le Botox a été développé initialement en tant que médicament », lit-on sur le site Internet « Bronzez sans Cruauté ».


Les tests de validation du Botox pratiqués sur ces animaux sont-ils vraiment nécessaires ? Sachant que « chaque lot d’injections de Botox nécessite la mort de 500 souris qui ont subi une lente agonie, de trois jours en général, le temps pour les muscles respiratoires de se paralyser ». Non, estiment ces défenseurs de la cause animale, citant le Dr Dorothea Sesardic, une scientifique qui a contribué au développement de la méthode sans animaux il y a 10 ans : « Ipsen devra rapidement céder sous la pression des consommateurs et adopter une méthode de test n’impliquant pas d’animaux si les personnes qui utilisent du Botox commencent à protester ».


Dans la mesure où il existe une méthode alternative pour tester ces produits, « Il ne s’agit pas de renoncer à des soins cosmétiques mais juste d’allier beauté et compassion et d’épargner d’horribles souffrances à des animaux ». Pour autant, les souffrances animales pourraient faire réfléchir les femmes qui ont recours à la toxine botulique pour conserver l’apparence d’une éternelle jeunesse. Le Botox, s’il arrive à faire illusion, est-il absolument sans danger pour la santé ?

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Published by C & L - dans INFORMATION
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