Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 16:19

La plate forme antitaurine Prou! (Assez!) a présenté jeudi dernier au Parlement catalan une pétition de 180.169 signatures demandant l'abolition des spectacles de taureaux. Après l'été, la communauté autonome de Catalogne pourrait devenir la première en Espagne à interdire la tauromachie. Un sujet qui n'a pas fini de diviser...

Un spectacle sanglant qu'on ne verra bientôt plus en Catalogne (Photo stocksimage)



Le phénomène n'est pas nouveau. La Catalogne, région fer de lance de la lutte anti taurine, compte déjà 69 municipalités qui refusent la tauromachie (il y en a 83 à travers le monde) et Barcelone est officiellement depuis 2004 une ville "anti taurine". La nouveauté réside dans le fait que ces 180.000 signatures dépassent de trois fois le plancher minimum pour enclencher un processus législatif pouvant déboucher sur une abolition effective votée par la Chambre. Si la loi passait, la place de taureaux Monumental de Barcelona serait finalement la seule à être touchée, puisqu'elle est elle l'unique encore en fonctionnement dans la communauté. L'année dernière, elle a donné 17 spectacles qui ont attiré au total environ 125.000 spectateurs. Selon une enquête Ipsos sur "la société catalane et la Fête" datant de 2005, à la question "êtes-vous pour la pratique des corridas en Catalogne?", 28% des interrogés y étaient favorables, contre 61% d'opposants. Les nouvelles générations surtout se désintéressent en grande partie de ces pratiques. Mais la Catalogne, malgré les interdictions, reste l'un des haut-lieux de la tauromachie dans le monde.

Un débat politique

L'interdiction symbolique de cette pratique dans la communauté fait donc couler beaucoup d'encre. Les "pros" dénoncent une manœuvre politique inspirée par les mouvements nationalistes catalans qui tentent de rejeter à tout prix les traits d'hispanité inhérents à cette coutume, et insistent sur le fait que la tauromachie est avant tout une tradition méditerranéenne faisant partie intégrante de ce patrimoine culturel. De leur côté, les activistes anti-corridas arguent de la barbarie et du sadisme des méthodes, en contradiction avec la Déclaration Universelle des Droits des Animaux approuvée par l'ONU. Ils dénoncent une coutume d'un autre âge et qui coûte au contribuable : chaque année, l'Etat dépense 564 millions d'euros pour l'entretien des places de taureaux, les aides aux éleveurs, la création d'écoles, le comblement du déficit, etc. Une somme injustifiée pour les militants du "non", en comparaison avec l'intérêt que suscite la corrida chez la population catalane et l'immoralité de la pratique. L'approbation de la loi dépendra à présent des votes des différents partis politiques, mais les militants se montrent très optimistes. Et pourtant, hier à Barcelone, le torero José Tomas a rempli la Plaza Monumental, dont les entrées étaient déjà complètes depuis des mois.

source

 

Partager cet article

Repost 0
Published by C & L - dans INFORMATION
commenter cet article

commentaires

Recherche