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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 21:48



 Auschwitz, « comme » un abattoir ? Le docteur Josef Mengele, l’ange de la mort d’Auschwitz, surnommait les prisonniers qui servaient à ses expérimentations médicales, des « cochons (*) ».
 
 Pourquoi cette apathie du grand public face à l’expérimentation humaine ? La banalisation de l’expression « cobaye » - banalisation grandement alimentée par les médias - y est pour beaucoup. Ceux qui participent à des essais cliniques sont automatiquement affublés du qualificatif de « cobaye », pour mieux les déshumaniser en les plaçant au rang « inférieur » de l’animal. Ils ne sont pas comme nous. Ce sont seulement des animaux.


 Les français sont les plus gros consommateurs de médicaments allopathiques en Europe. Pourtant, la majorité considère comme « dangereux » le fait de tester des médicaments. Alors, pourquoi continuer à consommer des médicaments, si l’on croit que d’autres se sacrifient ou soient sacrifiés pour notre petit confort, notre petite santé ? Parce que ces « autres » ne sont pas comme nous. Ils sont des cobayes. Ce sont seulement des animaux.

 L’industrie pharmaceutique est souvent accusée d’être cynique... mais la société entière fonctionne ainsi ! Et le système de pensée/défense des consommateurs de médicaments égal en cynisme celui des labos. Une société utilitariste qui prône le sacrifice de quelques-uns pour le bien-être du plus grand nombre.


 Le mot « cobaye » devrait être utilisé seulement quand les sujets d’expérimentation sont des victimes. Les animaux le sont toujours en l’espèce. Mais avant d’être des « cobayes », ces animaux sont des cochons d’Inde, des rats, des souris, des chiens, des singes, etc. Et les humains traités comme des « cobayes » sont les prisonniers, ou ceux qui ne peuvent pas donner de consentement éclairé, tels les malades mentaux (asiles), les enfants (orphelinats), etc. Tous les participants à des essais cliniques ne sont pas des victimes. Des malades contribuent grandement au progrès de la recherche médicale et à la découverte de thérapies. Certains d’entre eux veulent devenir les acteurs de leur traitement.

 Pendant que des participants aux essais cliniques deviennent les « acteurs de leur traitement ** », les consommateurs de médicaments se déresponsabilisent et se victimisent. La plupart des essais cliniques tournent autour des mêmes maladies ; celles liées à notre mauvaise hygiène de vie : manque d’exercice physique, cigarette, alimentation trop riche en graisses saturées et en sucre (diabète type II, hypertension, maladies cardiovasculaires). Il suffirait d’un peu de bon sens, d’une attitude responsable vis-à-vis de notre santé, de notre consommation de médicaments, et les labos ne produiraient plus ces médicaments de confort, autrement appelés "blockbusters" et leur cohorte de "me too".


 L’expérimentation animale est une méthodologie obsolète. La preuve est le nombre de mes compagnons qui refusaient d’être les premiers testeurs humains après les animaux : trop « risqué » me disaient-ils. L’utilisation d’animaux comme « cobayes » n’est jamais éthiquement justifiable. Décréter que l’autre est inférieur à soi pour mieux justifier/accepter son exploitation. Le combat contre les animaux « cobayes » doit s’associer à celui contre des humains « cobayes ». Mais qui se soucie de ces « autres », pas comme nous ? Ce sont seulement des animaux.

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Published by CLEOPHA - dans INFORMATION
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